Décès maternels au Gabon : l’urgence d’agir face à un défi encore trop silencieux

4/14/2026

Décès maternels au Gabon : l’urgence d’agir face à un défi encore trop silencieux

Libreville – Longtemps reléguée au second plan, la question des décès maternels s’impose désormais comme une priorité nationale au Gabon. La clôture de l’atelier consacré à l’élaboration du Plan d’Accélération pour leur réduction met en lumière une réalité préoccupante : derrière chaque statistique, ce sont des vies de femmes qui continuent de se perdre, souvent de manière évitable.

Durant trois jours, experts de santé, autorités publiques et acteurs de la société civile ont confronté leurs analyses. Le diagnostic est clair : malgré des efforts engagés ces dernières années, les insuffisances du système de santé, les inégalités d’accès aux soins et certaines pratiques à risque continuent d’exposer les femmes, en particulier les plus jeunes, à des dangers évitables.

Face à cette situation, les autorités gabonaises ont décidé de changer de méthode. Le nouveau plan proposé ne se limite pas à des intentions, mais vise une transformation en profondeur de la prise en charge des femmes, avant, pendant et après l’accouchement.

Trois priorités se dégagent : replacer la santé maternelle au cœur des politiques publiques, renforcer la protection des adolescentes souvent les plus vulnérables, et améliorer concrètement la qualité des services de santé. Cela passe notamment par la gratuité de certains soins, un meilleur équipement des structures sanitaires, et la formation continue du personnel médical.

La présence de la Première Dame, Zita Oligui Nguema, à cette rencontre illustre la volonté d’inscrire ce combat au plus haut niveau de l’État, afin de briser le silence autour de cette problématique et d’accélérer les réformes.

Un enjeu social et humain majeur

Au-delà des chiffres, la mortalité maternelle est aussi une question de justice sociale. Elle révèle les disparités entre zones urbaines et rurales, mais aussi les failles dans l’information et l’accompagnement des jeunes filles.

Réduire ces décès, c’est préserver des familles, protéger des enfants et garantir aux femmes un droit fondamental : celui de donner la vie en toute sécurité.

Rompre avec l’inaction

Avec l’objectif affiché de zéro décès maternel évitable d’ici 2030, le Gabon envoie un signal fort. Mais le défi reste immense : il nécessitera une mobilisation constante, des financements durables et une implication réelle de tous les acteurs.

Car au fond, la véritable question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment agir vite et efficacement pour que plus aucune femme ne perde la vie en donnant la vie.
*Roxana NTSAME Rédactrice MAG-INFO.h