Est-ce son écartement de la présidence qui l'a conduit à l'AFC/M23 ?


Est-ce son écartement de la présidence qui l'a conduit à l'AFC/M23 ?
L'ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba et ex-ambassadeur itinérant du président Félix Tshisekedi, Claude Ibalanky , a vraisemblablement rejoint le mouvement rebelle AFC/M23 , selon plusieurs sources concordantes.
Cette annonce suscite de nombreuses interrogations au sein de l'opinion publique congolaise, d'autant plus que Claude Ibalanky est une figure bien connue sur la scène diplomatique internationale. Il avait occupé des fonctions stratégiques au cœur de l'appareil étatique avant d'être progressivement écarté du cercle présidentiel depuis plusieurs années , pour des raisons qui restent à ce jour floues et peu connues du grand public.
Originaire du Bandundu , une région historiquement reconnue pour son attachement aux voies pacifiques et dont les cadres n'ont que rarement pris les armes contre leur propre pays, le choix de Claude Ibalanky étonne et choque. Dans cette partie du pays, l'engagement dans des mouvements armés, surtout lorsque ceux-ci sont accusés de violences contre les populations civiles, est largement rejeté.
Contacté par téléphone par la rédaction de Mag-info.ch , un notable du Bandundu a tenu à clarifier la position de sa communauté :
« Si Monsieur Claude Ibalanky a choisi de rejoindre la rébellion, qu'il le fasse à titre strictement personnel. Qu'il n'implique pas les enfants du Bandundu dans cette affaire. Il n'existe aucune lutte connue ou revendication collective qui justifierait un tel engagement. »
Une autre question revient avec insistance : pourquoi avoir attendu son éloignement du pouvoir pour rejoindre un groupe rebelle ? Cette chronologie alimente les soupçons selon lesquels cette décision serait davantage motivée par des frustrations politiques personnelles que par une cause nationale ou idéologique clairement définie.
Ce cas relance une critique récurrente adressée à une partie de la classe politique congolaise : certains acteurs ne s'engageaient pas pour le peuple, mais avant tout pour la défense de leurs intérêts personnels , changeant de camp au gré de leur position dans l'appareil de l'État.
Alors que le pays continue de payer un lourd tribut aux conflits armés, l'adhésion d'anciens hauts responsables aux mouvements rebelles pose une fois de plus la question de la responsabilité morale et politique des élites congolaises face à la souffrance des populations civiles.
William Tshisekedi Rédacteur MAG-info.ch